Claude de Muzac

D’une forme à l’autre.

Autre, le reste d’un ensemble dont les premiers éléments ont déjà été considérés. Avec subtilité, justesse et beaucoup d’audace, Claude de Muzac s’est attachée depuis ses débuts vers 1960 à mettre en valeur dans des matériaux surprenants, précieux et pauvre, du plexiglas, de l’émail, des

écailles, les objets les plus rares et les plus étranges, depuis l’os de chien jusqu’aux peintures de ses contemporains, des objets d’art ayant souffert ou ne souffrant plus le velours ni les dorures d’un encadrement trop 19ème siècle. Après avoir étudié le dessin à l’atelier de Paul Colin puis travaillé en tant qu’étalagiste, elle est engagée par Daniel Cordier, auprès duquel elle se forme au suivi de la présentation des œuvres.

Elle ouvre très vite sa propre boutique dans laquelle elle propose des cadres d’une inventivité constante, jouant des contrastes des matières ou des correspondances des couleurs. Parmi sa célèbre clientèle, Georges Pompidou, Peter O’Toole, André Malraux, Edmond de Rotschild, Man Ray et la liste est longue. Certains comme Max Ernst choisissaient le cadre et peignait pour le cadre. Quand à Serge Poliakoff il venait tous les jours et lui en commandait.Dans l’un de ses préféré qui était en lapis-lazuli il peignit une grande composition bleue. Ses clients sont souvent ses amis et ses amis deviennent ses collaborateurs, ainsi elle s’entoure de ceux qu’elles aime, les inspirent pour créer de nouveaux objets et bijoux qu’elle présente dans sa Grotte-galerie L’intuition inclassable qui fait la beauté du travail de Claude de Muzac est certainement cette qualité de l’entourage. Les ombres deviennent des cadres, les socles des visages, l’autre est chaque fois pour elle une nouvelle forme d’inspiration, de rapprochement ou d’opposition, de respect et de passion.